Karst
architecture
7 rue de la Fédération 44100 NANTES
0672178531
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KARST est un atelier d’architecture créé à Nantes en 2015 au sein duquel Andrei Scarlatescu et Simon Chevre construisent leur pratique professionnelle selon des choix précis.

KARST oriente son travail vers des milieux en transformation, où l’ouverture des possibles appelle une agilité anticipative dans les choix architecturaux, vers des territoires et des échelles de projet où la pensée architecturale fait souvent défaut. Dans les reliquats des friches urbaines, dans les fissures du tissu comme dans les milieux ruraux ou périurbains, seul un regard concentré et curieux peut apporter l’adéquation sensible au contexte. Cette réceptivité aux traits spécifiques d’une situation et d’un lieu est seule à même d’entraîner la valeur architecturale d’une réponse adéquate aux besoins, contraintes et envies de ses clients. Dans ce sens, chaque commande est abordée avec l’entrain de la curiosité et traitée avec soin et minutie, en prêtant une attention particulière à la qualité comme à la valeur écologique des matériaux.

KARST voit émerger, derrière les qualités architecturales ou urbaines des « arrière-pays », l’enjeu urgent de l’aménagement, au sens d’une grande échelle, mais aussi et surtout d’une « petite fabrique urbaine » de l’espace périurbain et rural. Construite dans cette voie, notre pratique professionnelle s’installe dans un double rapport à la réalité bâtie : un attrait séduisant, mais investi de fantasmagories face à l’héritage construit ancien et une distance critique apaisée, cherchant à distinguer ses qualités précises, face au projet moderne de la ville.

KARST ne pense pas le monde comme les modernes, à travers un modèle invariable, où la vie se décompose en une série finie de fonctions dans un système calculé. Cela revient à se couper définitivement de l’accumulation du savoir-faire de la vie commune. KARST cherche à discerner et faire apparaître la matière sédimentaire de ce savoir qui ne prend vie que dans des interactions constantes et infinies, comme sous le charme d’une incantation. Face à ce regard passionnel, l’outillage technologique est capable de toutes les simulations, mais incapable de mettre à jour les strates vivantes qui réfractent l’histoire d’une ville jusqu’à nous. Nous devons chercher les solutions là où nous nous trouvons, là où se pose le problème, en faisant racine commune avec lui.

KARST oppose à l’urbanité générique la spécificité d’un lieu, d’une situation, les ressources propres à un territoire à même de nourrir une somme de traits spécifiques le différenciant d’un ailleurs, le liant d’autant plus au monde qu’il se distingue plutôt que se confondre, qu’il est un monde en soi lié au commun. En conséquence, le préalable à chacun de nos projets est cette prise de conscience de l’héritage spatial et culturel du contexte, les spécificités historiques et paysagères du lieu dans lequel il s’inscrit. Nous prenons appui sur ces fondements pour faire évoluer l’horizon d’attente des commanditaires.

KARST considère l’architecture comme un bien public : cela implique d’en reconnaître à l’ensemble de la population le droit d’accès. Cela implique, surtout, d’évaluer tout projet en le situant sur une échelle d’utilité sociale et sur une échelle de qualité de paysage. Si la première est liée à une forme de conscience de la totalité sociale et à un choix politique, la deuxième doit être liée à une forme d’adéquation sensible au contexte.

KARST articule sa méthodologie autour de la perspective d’une restructuration des territoires autant par un recentrage à plusieurs échelles, de taille à définir au mieux les situations d’exercice, que par le travail sur les limites susceptibles de distinguer et de lier ces graduations et d’inscrire spatialement et symboliquement leur seuils.

KARST définit, en somme, le rôle de l’architecte dans un cadre social et économique dont il se doit de remettre en cause les impératifs. Il trouve ses arguments et outils dans l’évolution des méthodes de projet, favorisant l’inventivité des procédés techniques de construction et des solutions architecturales par la collaboration en vue d’un usage futur, de l’appropriation commune de cet usage, de la responsabilité des participants, de l’intelligence collective et des échanges entre tous ceux pris dans le processus de bâtir. Notre but est, avant tout, la banalisation du projet architectural, au sens d’une imprégnation qualitative et imaginative des tissus construits par un travail de réflexion et de réalisation transdisciplinaire, au sein duquel l’architecte retrouverait un rôle d’utilité sociale indispensable.

KARST voit ces engagements récompensés par sa sélection au palmarès « Jeunes Architectes et Paysagistes Ligériens » 2020.